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Au Sénégal, l’Histoire ne bégaie pas : elle ironise. Et ces jours-ci, elle ricane même franchement. Car oui, actons-le une bonne fois pour toutes : Ousmane Sonko a porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence. À bout de bras, sous les coups, entre deux convocations judiciaires et trois menaces de radiation démocratique. Personne, absolument personne, ne pourra réécrire cette séquence sans rougir d’indécence.
Mais voilà que l’Histoire, capricieuse, nous offre un spectacle inédit : un Président et son Premier ministre marchant côte à côte… mais regardant dans des directions opposées.
Certes, le Sénégal a connu la cohabitation. Diouf et Wade se sont observés en chiens de faïence. Wade et Moustapha Niasse ont joué à la valse des ambitions contrariées.
Mais jamais un cas aussi singulier :
un homme empêché, frappé d’interdiction politique par les subterfuges d’une justice aux ordres, désignant son camarade de parti comme candidat, lui confiant le projet, la flamme et la légitimité populaire, alors même qu’il aurait pu accepter un report électoral pour se présenter lui-même.
Ce geste-là s’appelle un sacrifice historique. Il s’appelle aussi une dette politique.
Et pourtant…
Aujourd’hui, le Président Bassirou Diomaye Faye semble pris d’une étrange envie d’émancipation anticipée. À peine installé, déjà tenté par la distanciation. À peine porté, déjà désireux de marcher seul.
Le voilà qui regarde son parti historique comme un vieux manteau trop voyant, préférant lui substituer une coalition fourre-tout, recyclant des figures politiques que le peuple avait pourtant soigneusement rangées dans la case “retour à l’expéditeur”.
Une coalition ? Non. Un refuge politique pour recalés du suffrage universel.
Le problème n’est pas la stratégie. Le problème, c’est le symbole.
Car en se démarquant de Pastef, ce n’est pas seulement un parti que l’on fragilise c’est l’âme même du projet. Ce projet qui n’a jamais été une addition d’appareils, mais une soustraction des compromissions.
Ce projet qui a gagné parce qu’il refusait justement les coalitions d’opportunité.
Personne n’est d’accord. Mais faut-il pour autant bouder ? Abandonner ?
Effacer les sacrifices, les arrestations, les exils, les humiliations, les larmes et les nuits sans sommeil ?
Non. Mille fois non.
La réponse n’est pas dans la désertion, mais dans la reconquête.
Retourner à la base. Remobiliser les militants. Réengager les sympathisants.
Créer 10 000 cellules à travers le pays.
Objectif clair : 1 million de militants engagés, disciplinés, conscients comme l’a toujours préconisé la stratégie d’Ousmane Sonko.
Suivons-le. Faisons-lui confiance. Il sait ce qu’il fait parce qu’il sait d’où il vient et pour qui il se bat.
Message limpide, sans détour :
Pastef est la seule force politique structurante du Sénégal. Il n’y a pas d’issue en dehors de Pastef.
Le projet dépasse les personnes, dépasse les fauteuils, dépasse les coalitions de circonstances.
Ce projet appartient au peuple sénégalais.
Et l’Histoire, elle, regarde. Elle n’oublie jamais qui a porté qui.
Malick BA
Bayaliou
Journaliste et analyste politique